His­toire d’engrais et d’amen­de­ments…

Plu­sieurs per­son­nes m’ont inter­pellé sur l’agri­cul­ture sau­vage, prin­ci­pa­le­ment sur l’aspect fer­ti­li­sa­tion. En effet, lors­que j’ai employé ce mot dans la pré­sen­ta­tion du pro­jet, j’enten­dais ce terme d’une façon « étroite », comme syno­nyme d’engrais. D’un point de vue plus « large », et à vrai dire c’est là sa véri­ta­ble signi­fi­ca­tion, la fer­ti­li­sa­tion englobe à la fois les engrais et les amen­de­ments.

Les engrais sont des sub­stan­ces sou­vent miné­ra­les, par­fois orga­ni­ques, soit d’ori­gi­nes natu­rel­les soit syn­thé­ti­sées chi­mi­que­ment par l’homme. Ils ont pour but de nour­rir direc­te­ment la plante afin de « boos­ter » les ren­de­ments.

Les amen­de­ments sont, comme les engrais, des élé­ments miné­raux ou orga­ni­ques, natu­rels ou de syn­thèse. Tou­te­fois leurs rôles qui dif­fè­rent puis­que les amen­de­ments sont uti­li­sés pour amé­lio­rer la qua­lité des sols qui à leur tour nour­ris­sent les plan­tes. Les amen­de­ments ont donc une action moins rapide mais plus dura­ble.

Pour ma part, je ne compte pas employer d’engrais, même orga­ni­ques, car ils ont ten­dance à désé­qui­li­brer la vie du sol et la plante, engen­drant ainsi des ris­ques accrus de mala­dies ou de pro­li­fé­ra­tion de cer­tains rava­geurs.

Pour les amen­de­ments, c’est un peu plus com­plexe. Il est bien sur exclu d’uti­li­ser des pro­duits issus de la chi­mie de syn­thèse ou des pro­duits orga­ni­ques venant de l’autre bout du monde. L’agri­cul­ture sau­vage se base sur le modèle agro­no­mi­que de la forêt. Dans cette der­nière, une très grande bio­masse végé­tale est pro­duite cha­que année sans que l’homme n’apporte amen­de­ment ou engrais. Elle retour­nera au sol par la suite, sous forme de litière puis d’humus, pour que le cycle recom­mence.

Mais con­trai­re­ment à la forêt, dans un champ, le cycle de la matière n’est pas fermé puis­que des légu­mes y sont pré­le­vés. Il devient donc néces­saire de recréer une sorte de litière fores­tière par l’apport d’un mulch. Celui-ci per­met­tra de res­ti­tuer à la terre les élé­ments orga­ni­ques et sur­tout miné­raux expor­tés du champ par les légu­mes. Com­posé de com­post de déchets verts, de feuilles, de pailles, de rési­dus de cul­tu­res et d’engrais verts ou encore de BRF, le mulch peut être con­si­déré comme un amen­de­ment orga­ni­que. Ces com­po­sants seront pour une grande par­tie pro­duits sur le site ou récu­pé­rés loca­le­ment.

Et les mau­vai­ses her­bes ?

On m’a éga­le­ment beau­coup inter­pellé sur le non-désher­bage. Tel que je con­çois l’agri­cul­ture sau­vage, il ne s’agit non pas de ne plus jamais désher­ber mais plu­tôt de favo­ri­ser un mode de cul­ture qui per­met à long terme, et je tiens à sou­li­gner à long terme, d’avoir beau­coup moins de désher­bage à effec­tuer. En effet, d’une part le non tra­vail du sol ren­dra les levées d’adven­ti­ces plus rares. D’autre part cer­tai­nes plan­tes con­si­dé­rés comme « mau­vai­ses » pour­ront deve­nir « uti­les », voire cons­ti­tuer une par­tie de la récolte.

Attend, attend on va t’aider !

Enfin, en ce qui con­cerne le tra­vail du sol, ce n’est pas parce que je ne m’en occu­pe­rai pas, que celui-ci ne sera pas tra­vaillé et aéré. Des mil­liers, voire des mil­lions de vers de terre et d’autres ani­maux s’en char­ge­ront.

Le monde ne s’est pas fait en un jour

Ni en sept, mais cela est une autre his­toire…

Les prin­ci­pes fon­da­men­taux de l’agri­cul­ture sau­vage sont pour moi un objec­tif à attein­dre à moyen terme. En atten­dant je n’oublie pas que je m’engage dès aujourd’hui dans un par­te­na­riat avec des per­son­nes qui atten­dent une récolte. Donc dans un pre­mier temps, une par­tie de mes ter­rains seront cul­ti­vés en maraî­chage bio tra­di­tion­nel et une autre par­tie sera en « expé­ri­men­ta­tion ».