Agrios est un projet expérimental de maraîchage. Expérimental à plus d’un titre.
Tout d’abord d’un point de vue technique. Je souhaite m’orienter vers l’agriculture sauvage qui repose sur quatre principes :
- Pas de travail du sol (labour)
- Pas de fertilisant (ni chimique ni organique)
- Pas de désherbage (ni mécanique ni chimique)
- Pas de dépendance aux produits chimiques (pesticides, herbicides, engrais)
En effet, le travail du sol (labour, désherbage mécanique) et l’apport de produits chimiques ou organiques déstabilisent l’équilibre de la vie du sol. Il s’agit donc de modifier sa façon de travailler afin de non plus dominer la nature, comme il se fait actuellement en agriculture, principalement conventionnelle mais aussi dans une certaine mesure en agriculture biologique, mais plutôt de coopérer avec elle, de s’adapter à l’écosystème afin de permettre aux hommes de « prélever sans appauvrir » ce dont ils ont besoin pour vivre sans pour autant rechercher à tout accaparer.
Ensuite il s’agit aussi d’une expérimentation économique. L’idée n’est pas de vendre des paniers ayant un prix qui reflète exactement son contenu (par exemple : 1kg de tomates à 3€, 2 concombres à 2€, 1 salade à 1€, etc), mais plutôt de proposer à un groupe de personnes de payer une somme qui permette de faire fonctionner la ferme et me permette de vivre pendant une période donnée, en échange de la production qui en découle. De plus il ne s’agit pas de se limiter à un échange production/argent. Je souhaite également offrir à ces personnes mes connaissances tant du côté du jardinage que de celui de la cueillette. L’idéal serait même que ces personnes puissent obtenir une certaine auto-suffisance alimentaire pour ne plus être dépendantes d’un maraîcher !
Enfin il s’agit aussi d’une expérimentation sociale. Pour suivre une devise qui m’est chère : « de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins », je désire mettre en pratique un système de péréquation du prix du panier en fonction des rentrées d’argent de chacun. Bien entendu il ne s’agira pas d’un système basé sur le contrôle des fiches de paye ou des déclarations d’impôt, mais sur la confiance réciproque des uns aux autres.