Agrios est un pro­jet expé­ri­men­tal de maraî­chage. Expé­ri­men­tal à plus d’un titre.

Tout d’abord d’un point de vue tech­ni­que. Je sou­haite m’orien­ter vers l’agri­cul­ture sau­vage qui repose sur qua­tre prin­ci­pes :

  1. Pas de tra­vail du sol (labour)
  2. Pas de fer­ti­li­sant (ni chi­mi­que ni orga­ni­que)
  3. Pas de désher­bage (ni méca­ni­que ni chi­mi­que)
  4. Pas de dépen­dance aux pro­duits chi­mi­ques (pes­ti­ci­des, her­bi­ci­des, engrais)

En effet, le tra­vail du sol (labour, désher­bage méca­ni­que) et l’apport de pro­duits chi­mi­ques ou orga­ni­ques dés­ta­bi­li­sent l’équi­li­bre de la vie du sol. Il s’agit donc de modi­fier sa façon de tra­vailler afin de non plus domi­ner la nature, comme il se fait actuel­le­ment en agri­cul­ture, prin­ci­pa­le­ment con­ven­tion­nelle mais aussi dans une cer­taine mesure en agri­cul­ture bio­lo­gi­que, mais plu­tôt de coo­pé­rer avec elle, de s’adap­ter à l’éco­sys­tème afin de per­met­tre aux hom­mes de « pré­le­ver sans appau­vrir » ce dont ils ont besoin pour vivre sans pour autant recher­cher à tout acca­pa­rer.

Ensuite il s’agit aussi d’une expé­­ri­­men­­ta­­tion éco­no­mi­que. L’idée n’est pas de ven­­dre des paniers ayant un prix qui reflète exac­­te­­ment son con­­tenu (par exem­­ple : 1kg de toma­­tes à 3€, 2 con­­com­­bres à 2€, 1 salade à 1€, etc), mais plu­­tôt de pro­­po­­ser à un groupe de per­­son­­nes de payer une somme qui per­­met­te de faire fonc­­tion­­ner la ferme et me per­­met­te de vivre pen­­dant une période don­­née, en échange de la pro­­duc­­tion qui en découle. De plus il ne s’agi­t pas de se limi­­ter à un échange pro­­duc­­tion/argent. Je sou­­hai­te éga­­le­­ment offrir à ces per­­son­­nes mes con­­nais­­san­­ces tant du côté du jar­­di­­nage que de celui de la cueillette. L’idéal serait même que ces per­­son­­nes puis­­sent obte­­nir une cer­­taine auto-suf­­fi­­sance ali­­men­­taire pour ne plus être dépen­­dan­­tes d’un maraî­­cher !

Enfin il s’agit aussi d’une expé­­ri­­men­­ta­­tion sociale. Pour sui­­vre une devise qui m’est chère : « de cha­cun selon ses moyens à cha­cun selon ses besoins », je désire met­­tre en pra­­ti­­que un sys­­tème de péréqua­­tion du prix du panier en fonc­­tion des ren­­trées d’argent de cha­­cun. Bien entendu il ne s’agi­ra pas d’un sys­­tème basé sur le con­­trôle des fiches de paye ou des décla­­ra­­tions d’impôt, mais sur la con­­fiance réci­­pro­­que des uns aux autres.